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Nous sommes Charlie

Un moment de recueillement a été observé jeudi 8 janvier, à 12h00, dans le hall de Polytech Clermont-Ferrand en hommage aux victimes de l’attentat qui a frappé l’hebdomadaire Charlie Hebdo.

Les enseignants, le personnel administratif et technique et les élèves-ingénieurs se sont rassemblés afin de manifester leur soutien à l’équipe de Charlie Hebdo, durement frappée, ainsi qu’aux proches du Clermontois Michel Renaud, fondateur des Rendez-vous du Carnet de voyage qui figure aussi parmi les victimes de cet attentat.

Le symbole Charlie Hebdo
Si l’attentat qui a décapité le mercredi 7 janvier la rédaction de Charlie hebdo revêt une dimension politique qui interpelle l’ensemble des citoyens, au-delà même des frontières françaises, c’est que depuis sa création, ce journal est devenu un symbole : le symbole de la liberté de pensée et d’expression, contre toutes les formes d’oppression et d’aliénation.

Charlie hebdo n’est pas seulement l’hebdomadaire qui a publié, le 8 février 2006, une série de caricatures de Mahomet, publiées initialement dans un journal danois, et qui est devenu de ce fait une cible privilégiée de l’islamisme radical. C’est surtout un journal qui, enraciné dans une tradition libertaire, antimilitariste et anticléricale encore très vivace en France, a été un acteur majeur de la « contre-culture » des années 1970 puis un espace pluraliste de discussion et de remise en cause, par l’humour et la satire, de tous les conformismes.Charlie hebdo a été lancé en 1970 par une équipe de journalistes, de dessinateurs et d’humoristes (François Cavanna, Georges Bernier alias le Professeur Choron, Gébé, Cabu, Wolinski…) qui s’étaient rassemblés depuis 1960 dans le journal Hara Kiri. En effet, Hara kiri a été interdit de parution en novembre 1970 par le ministre de l’Intérieur en raison de la « une » iconoclaste, réalisée au lendemain de la mort du général de Gaulle et rapprochant cet événement d’une véritable catastrophe (la mort de 146 personnes dans l’incendie d’un dancing) avec le titre-choc : « Bal tragique à Colombey. Un mort ». Créé pour déjouer la censure du pouvoir, Charlie sera de tous les combats des « années 68 » (anti-autoritarisme et anti-militarisme, libération des mœurs, écologie…) – années auxquelles il ne survivra : en proie à des difficultés économiques, le journal meurt en décembre 1981. Il renaît onze ans plus tard, en juillet 1992. Se retrouvent alors l’équipe historique du journal et une nouvelle génération, incarnée notamment par le chansonnier Philippe Val, qui devient alors le directeur – parfois contesté – de Charlie hebdo, mais aussi par les dessinateurs Charb et Tignous et l’économiste, professeur d’Université, Bernard Maris (alias Oncle Bernard). Si le nouveau Charlie reprend les thématiques qui ont fondé son identité tout en développant une vision critique de la « mondialisation » libérale, il suit une ligne politique plus diversifiée et fédératrice que dans les années 1970, puisqu’il entend avant tout lutter contre toutes les formes d’extrémisme, de radicalisme et d’intolérance.

Charlie hebdo symbolise à la fois la liberté d’expression, la force corrosive de l’humour et de la satire, l’anticonformisme et, plus largement, la critique et la mise à distance de toutes les formes d’autorité et de pouvoir. Le travail de l’enseignant et du chercheur et la mission de l’Université sont fondés sur certains de ces principes. C’est pourquoi - que l’on partage ou non les choix politiques et la forme d’humour de ce journal - l’attentat qui a frappé ses dirigeants, dessinateurs et collaborateurs les plus emblématiques nous concerne tous.

Mathias BERNARD, Président de l’Université Blaise Pascal